Présentation

Attendre

Rapatriés, immigrés, exilés, nous sommes dans l’éternelle mouvance.
La source de notre puissance a la force de l’eau, sa beauté à s’adapter, résister, se faire glace et redevenir liquide.
Fleuves et oueds finissent le voyage dans les mers.
Ce goût salé n’est-il pas celui de toutes nos larmes versées ?
 
A la croisée de nos chemins, nos sourires se sont rencontrés, de nos lèvres les mots ont jailli. Nous nous sommes compris ici, en évoquant nos ailleurs.
Là-bas, tout près du cœur.

Attendre toujours

Attendre, peut-être trouver le néant au bout du chemin

Attendre, aller seule jusqu’au bout de rien

Attendre, ignorer son destin

Attendre, pour ne pas être tentée de faire demi-tour avant la fin…

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Mercredi 2 mai 2007

  • Le départ est prévu pour le lendemain matin, 15 h de vol, une escale. Le Mexique. Revoir son fils. Je souhaite " bon voyage " à ma dernière cliente. A chacune ses ailleurs.

    Je quitte mes chaussures et retrouve le plaisir de marcher pieds nus, de ressentir les lattes du parquet frémir sous mes pas.

    La porte de l’armoire est entrouverte, je ne sais pas quel vêtement choisir. Une tenue confortable certes mais avec sa note de raffinement.

    On se sent chez soi ici, même si quelques piles de livres et de revues laissent à penser qu’on est encore en transit, toujours dans l’attente d’un changement, prête à épouser le mouvement des événements à venir.

    Les valises sont superposées dans un placard près de l’entrée, de la sortie. Prêtes à.

    J’ai peur d’oublier quelque chose, le truc essentiel qui aura des répercussions fâcheuses de par son manque..

    S’asseoir sur le fauteuil de rotin, s’enfoncer dans l’épais coussin, se poser avant de repartir. Trêve.

    Se relever le temps de préparer un thé, présenter quelques gâteaux collants de miels sur une assiette. Je retrouve avec bonheur ce goût sucré et doux des pâtisseries, un visage coloré et souriant se superpose à ce tableau, je sens mon corps s’étaler d’aise sur les tissus moirés, caressé par un vent chaud et léger.

    Je ferme les yeux pour aller plus loin, à l’écoute de ces voix mêlées un peu élevées qui haranguent, monotones qui psalmodient, je perçois la couleur des mots, ils se suivent, se heurtent, s’abandonnent, créent des instants de silence, de ce silence venant tarauder les oreilles.

    Mes pieds cherchent le tapis, glissent sur les fibres, s’enfoncent dans la laine vierge.

     

    Il est bientôt l’heure. Quelle heure ? L’heure pour qui ? Pour quoi ?

    Ma vie n’est qu’un décalage horaire, un Nord perdu, une dérive de pensées.

    Départ imminent. Je suis prête, il va arriver.

     

    Demain la dame sera dans l’avion. Moi, je n’aime pas le vide du ciel, on dirait la mer à l’envers.

     

    J’entends la clé dans la serrure il est là.

    Je me lève pour l’accueillir, emportant la théière, rangeant les livres et les photos éparpillées, refermant la boîte de mes rêves à triple tour. Vous seuls savez m'emmener loin.

    C’est ça voyager…

     

    Valérie-Anne W.

     

Par Lelie des Sables - Publié dans : Rose des Sables
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Commentaires

J'aime beaucoup te lire Lélie, j'aime ton écriture, ta façon d'avancer les mots pour que le puzzle de l'histoire se mette en place.


La dérive de pensées, les rêves qui s'entremêlent, c'est une partie de la vie, et eux demeurent quelle que soit notre vie, quel que soit notre âge, quel que soit notre environnement, et tous nous aident à vivre.


J'aime te lire, alors continue d'écrire et de me faire découvrir ce que tu es.


Bonne nuit


Chris

Commentaire n°1 posté par Chris le 03/05/2007 à 23h20
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